7 Commentaires
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Avatar de Sylvain Lebrun

La réponse est un peu dans la question: on a le droit d'oublier pendant quelques heures. Et c'est plus sain que les drogues dures. Le discours d'Antoine Gratton, l'année dernière, en est un bel exemple. Et comme les gens connaissent peu (ou pas) leur histoire, c'est un petit rappel (très petit). Hier j'ai eu le plaisir de voir un anglo élu par la peur de Trump sur une scène pleine de drapeaux du Québec. C'étair surréaliste. Juste pour ça, ça a valu la peine de suivre ma blonde un 23 juin et de me taper la foule. J'ai vu E.T. il existe vraiment.

Avatar de Jean Berube

Un peu partout dans le monde on a une fête nationale… et probablement qu’un peu partout dans le monde, les problèmes que vous énumérez ici sont aussi le lot des nations… j’aime l’idée de nous sortir de ce casse-tête pendant quelques heures… pour sentir une solidarité (si ténue soit-elle) qui reste autrement cachée par ce que vous décrivez avec précision.

Avatar de Mouhamed Dioury

Excellent papier très éclairant.

Avatar de Claude Desjardins

« Fêter quoi? », que tu demandes — pis là tu déroules un bilan de gestion. Sauf qu'aucune fête nationale fête le tableau de bord de l'État. Le 1ᵉʳ juillet fête pas la dette fédérale, le 14 juillet fête pas les urgences bondées de Paris. Une fête nationale célèbre une affaire plus simple : un peuple existe pis il tient ensemble. À suivre ta logique, aucune nation avec des infrastructures en retard — donc aucune — aurait le droit de se planter autour d'un feu. Pis on saisit la pelle juste pour une maison qu'on reconnaît comme la sienne. Le 24 juin dit pas « tout va bien », il dit « c'est chez nous, pis ça vaut la peine de s'en occuper ». C'est ta propre prémisse — tu l'as écrasée en chemin.

Avatar de Esther

« Un peuple existe et il tient ensemble. »

C’est quoi ensemble? Y en n’a plus de « ensemble » depuis belle lurette!

L’individualisme a pris la place de la solidarité, le racisme, la peur de l’autre, la haine, la violence. Les droits individuels ont pris la place des droits collectifs.

Combien de féminicides (sans compter celles qui n’en meurent pas, mais qui subissent)? Combien d’enfants de la DPJ qui vont avoir une vie d’adulte poquée? Et j’en passe et des meilleures!

Un peuple qui tient ensemble? Laissez-moi rire!

Avatar de Claude Desjardins

Esther, vous avez raison sur l'essentiel, et je ne vais pas faire semblant du contraire. Les féminicides, les enfants de la DPJ qu'on abandonne à 18 ans, la peur de l'autre — c'est réel, c'est grave, et ça nous juge. Merci de l'écrire. Ça prend du cœur pour nommer ces choses là un soir de fête, quand tout le monde préférerait regarder ailleurs.

Mais laissez-moi vous dire ce que je lis dans votre colère. Vous ne récitez pas les malheurs d'étrangers qui vous laissent froide : ces femmes, ces enfants, c'est chez nous qu'ils tombent, et c'est précisément ça qui vous soulève. Cette révolte-là, c'est le « nous » dont je parlais. Un assemblage d'individus sans rien en commun ne s'indigne pas comme vous le faites ce soir — il hausse les épaules pis il change de chaîne.

« Tenir ensemble » n'a jamais voulu dire « tout va bien ». Ça veut dire qu'il reste un peuple pour reconnaître ces blessures comme les siennes, pis pour refuser de s'y habituer. Le jour où plus personne ne sera en colère comme vous l'êtes là, maintenant — là, il n'y aura plus de peuple. Pas avant. Tant que des gens comme vous montent encore au front pour les plus poqués d'entre nous, le « nous » se porte mieux que vous ne le croyez.

C'est pour ça que le 24 juin compte, à mes yeux : pas pour fêter qu'on a réussi, mais pour se rappeler qu'on se doit encore quelque chose, les uns aux autres. Vous venez de le prouver mieux que moi.

Bonne Saint-Jean!

Avatar de Esther

J’ai pas l’goût de fêter moi non plus!

J’ai 75 ans et j’ai vu au cours des ans la dégradation de la société québécoise en commençant par le système d’éducation qui a tellement été gangréné par toutes sortes de supposées améliorations qui n’ont servi qu’à justifier la job de supposés spécialistes et qui, en bout de ligne, ont généré des cancres.

Et notre système de santé « gratisse » qui l’est pas mal moins qu’on veut nous le faire croire (nous sommes les plus taxés du Canada) et qui fait en sorte qu’on est de plus en plus pauvres et malades.

Oui, autrefois, l’éducation et la santé coûtaient plus cher individuellement, mais qu’en est-il collectivement aujourd’hui avec les résultats qu’on constate?

Si certains veulent oublier ça quelques heures, moi je ne peux pas. Je ne peux pas me projeter dans un futur (m’en reste pas tant) qu’un certain PSPP veut nous faire croire comme étant la xième merveille du monde… Un pays, j’en ai un, je l’aime malgré ses faiblesses et avec ses forces.